Qui aide vraiment le dirigeant à lire ses comptes quand il n’a pas de DAF interne ?

Une situation fréquente, rarement nommée. Dans de nombreuses PME, les comptes sont produits, transmis, validés. Le compte de résultat et le bilan existent. Ils sont justes, conformes, parfois même commentés. Mais une question demeure, côté dirigeant : « Qui m’aide réellement à lire ces comptes pour décider ? » Ni l’expert-comptable, ni les outils, ni les tableaux ne répondent seuls à ce besoin. C’est précisément dans cet espace, entre les chiffres produits et les décisions à prendre, qu’intervient le DAF à temps partagé.

Les comptes existent, mais ne suffisent pas à décider

Produire des comptes n’est pas les interpréter

Dans la majorité des PME françaises, la fonction comptable est externalisée.

Selon l’INSEE, la quasi-totalité des entreprises de moins de 50 salariés s’appuie sur un expert-comptable pour la production de leurs comptes.

C’est indispensable.

Mais ce n’est pas suffisant pour piloter.

Les comptes répondent à une logique normative : conformité, fiabilité, clôture.

La décision du dirigeant répond à une autre logique : arbitrer, prioriser, anticiper.

Expert-comptable et DAF : deux rôles fondamentalement différents

Ce que fait, et ne fait pas, l’expert-comptable

L’expert-comptable produit et sécurise l’information financière.

Il garantit la conformité réglementaire.

Il explique les règles, les normes, les écarts techniques.

Il n’est pas responsable de traduire les comptes en décisions opérationnelles pour le dirigeant.

Ce n’est ni un défaut, ni un manque.

C’est un périmètre différent.

Ce que fait concrètement le DAF à temps partagé

Le DAF à temps partagé n’est pas un producteur de chiffres.

Il est :

  • interprète des comptes,
  • traducteur entre finance et stratégie,
  • arbitre dans les décisions à impact financier.

Son rôle commence là où les comptes s’arrêtent.

Lire les comptes côté dirigeant : de quoi parle-t-on vraiment ?

Lire les comptes ne signifie pas :

  • refaire un compte de résultat,
  • expliquer un bilan ligne par ligne,
  • entrer dans la technique comptable.

Lire les comptes, côté dirigeant, c’est répondre à des questions comme :

  • Que disent réellement ces chiffres sur la trajectoire de l’entreprise ?
  • Où se situent les zones de tension ?
  • Quelles décisions ces comptes autorisent, ou interdisent ?

Le rôle du DAF à temps partagé dans la lecture du compte de résultat

Le DAF à temps partagé ne commente pas le compte de résultat.

Il l’interprète dans une logique de pilotage.

Il aide le dirigeant à comprendre :

  • ce qui crée réellement de la performance,
  • ce qui la dégrade,
  • ce qui est structurel ou conjoncturel.

Il met en perspective :

  • l’évolution des marges,
  • la cohérence entre croissance et rentabilité,
  • l’impact des choix passés sur les résultats actuels.

👉 Le compte de résultat devient un outil de décision, pas un document de constat.

Le rôle du DAF à temps partagé dans la lecture du bilan

Même logique pour le bilan.

Le DAF à temps partagé n’explique pas ce qu’est un actif ou un passif.

Il aide à lire le bilan comme une photographie des équilibres de l’entreprise.

Avec le dirigeant, il analyse :

  • la solidité de la structure financière,
  • les dépendances critiques, clients, banques, fournisseurs,
  • les marges de manœuvre réelles.

Les travaux de la Banque de France sur l’analyse financière des PME rappellent que la lecture du bilan est centrale pour anticiper les tensions de trésorerie et de financement.

👉 Le bilan devient un outil d’anticipation, pas un document statique.

Avant / après DAF à temps partagé : ce qui change vraiment

Avant

Les comptes sont disponibles, mais peu exploitables.

Le dirigeant décide au feeling, avec des chiffres en arrière-plan.

Les arbitrages sont tardifs ou subis.

Après

Les comptes sont lus dans une logique de décision.

Les choix sont explicités, priorisés, assumés.

Le dirigeant retrouve une capacité de pilotage.

👉 Les chiffres cessent d’être une contrainte.

Ils deviennent un langage commun.

Gouvernance et aide à la décision : un rôle souvent sous-estimé

Le DAF à temps partagé joue un rôle clé dans la gouvernance de la PME.

Il sécurise :

  • les échanges avec les banques,
  • les discussions avec les associés,
  • les décisions structurantes, investir, recruter, ralentir.

Les publications de Bpifrance insistent sur ce point : la qualité des décisions financières repose moins sur la quantité d’indicateurs que sur leur bonne interprétation par le dirigeant.

À retenir

Quand une PME n’a pas de DAF interne, le DAF à temps partagé est le professionnel qui lit les comptes pour le dirigeant afin de l’aider à décider.

Il n’est pas producteur de chiffres.

Il est interprète, traducteur et arbitre entre information financière et décisions stratégiques.

Conclusion : les comptes ne décident jamais seuls

Les comptes existent.

Les outils aussi.

Ce qui manque le plus souvent, ce n’est pas l’information, mais l’interprétation orientée décision.

Le DAF à temps partagé occupe précisément ce rôle : transformer des comptes conformes en choix clairs, assumés et pilotés.

Sources institutionnelles